banque
Accueil du site > Dossiers > Crise > Risques de la crise sur votre assurance vie

Risques de la crise sur votre assurance vie

lundi 12 septembre 2011,

La majorité des français, qui ces dernières années ont contracté des contrats d’assurance vie, ont été guidés par des taux de rendement plus intéressants que l’épargne classique, mais aussi, il faut l’avouer, par la sécurité du placement qui était largement plébiscitée. Par définition un contrat d’assurance vie est garanti à la hauteur du capital investi et permet un rendement financier supérieur à l’inflation. Sur ce produit d’épargne les assureurs ont traditionnellement investis dans les obligations [1] et plus particulièrement celles d’État qui jusque là avait toujours fait partie des actifs les plus sûrs, les plus sécurisés. Le soucis d’aujourd’hui est que les assureurs ont souscrit des obligations auprès de pays émetteurs qui ne sont plus capables de les rembourser. Les épargnants doivent t-ils alors prendre le risque au sérieux ?

Quel est l’impact de la crise Grecque sur mon épargne ?

On sait aujourd’hui que la Grèce ne sera pas en mesure de rembourser ses créances. Elle a du adopter un plan de sauvetage drastique et ainsi voir sa dette rééchelonnée et dévaluée de plus de 20%. Si ces mesures vont impacter le rendement des assurances vie contractées auprès des institutions financières françaises, cela va néanmoins se faire de manière marginale car la plupart des banques n’ont pas engagé plus de 1% de leurs actifs sur ces obligations. Aussi, les banques françaises ont provisionné 2.3 milliards d’euros pour couvrir l’éventuelle baisse de rendement.

Maintenant qu’on sait que les obligations d’États ne sont pas sûres, y-a-t-il d’autres pays plus dangereux pour nous ?

En fait, les banques françaises ont investi une part minime de leurs actifs sur les PIG [2], qui sont les trois pays actuellement les plus exposés au niveau du remboursement de leurs dettes respectives. Par contre il faut reconnaitre qu’elles détiennent une part assez importante des dettes de l’Espagne et de lItalie, soit près de 9% de son actif pour CNP Assurance [3] et même 12% pour Générali. Oulala attention je vous vois faire de grands yeux. Non rassurez vous ! Vraisemblablement ces investissements sont protégés par les obligations pour le rendement des fonds en euros qui sont des titres systématiquement remboursés à échéance, ad minima à la valeur de la capitalisation initiale. Sur ces dettes, des fonds sont provisionnés en cas de défaut de paiement.
Donc en toute logique, si on s’en tient à vos contrats, vous ne prenez pas de risque, les assureurs vous ont garanti un remboursement intégral. Le soucis est que tous les leviers permettant de sécuriser vos actifs peuvent uns à uns défaillir. Je m’explique : si les fonds en euros sont remis en cause car pas forcément suffisants les États concernés peuvent faillir à leurs obligations de remboursement auprès des assureurs. Les assureurs vont devoir alors pour vous rembourser et vous donner vos intérêts, piocher sur leurs fonds propres. Mais si ces fonds propres ne sont pas suffisants non plus, on peut alors envisager des faillites.

Ok ! et donc ? Si l’assureur fait faillite, comment ça se passe ?

C’est clair qu’on ne peut pas écarter ce cas de figure, mais il faut tout de même avouer qu’il s’avère assez improbable. Si une banque devait en arriver là, l’État français interviendrait comme il l’a déjà fait dans le passé. Puis il existe encore après d’autres mécanismes de sécurité. En fait les assurance sont en quelques sortes assurées par un super assureur : l’ACAM [4]. Le rôle de l’ACAM est de liquider les actifs (vos contrats) d’un assureur défaillant en essayant, par le biais des appels d’offres, de les replacer chez un nouvel assureur. Dans le cas où cette procédure échoue il existe un dernier levier, le fond de garantie des assurances qui couvre à hauteur de 70.000 euros [5] vos avoirs.

Pour conclure, même si aujourd’hui force est de constater que les obligations d’États de sont plus des placements sécurisés, que certains leviers de sécurisation risquent d’être touchés voir endommagés, il ne devrait à priori pas avoir d’impact sur votre capitalisation en assurance vie, si ce n’est, peut être, une baisse plus ou moins significative du rendement garanti.

A propos de l'auteur

. Titulaire d'une MSG à l'université Paris Dauphine, analyste financier pendant 10 ans dans un gros groupe bancaire, Florent est rédacteur sur banque.org depuis le lancement du site.

Notes

[1] L’obligation est un titre négociable émis par une entreprise publique ou privée ou par un État, donnant à son souscripteur le droit de créance sur l’émetteur (l’entreprise).

[2] Portugal, Grèce, Irlande

[3] La banque postale et Caisse d’épargne

[4] autorité de contrôle des assurances et mutuelles

[5] 70.000 euros par assuré et par compagnie

Crédit immobilier

Découvrez nos fiches techniques sur le crédit immobilier. Prêt amortissable, prêt in fine, prêt palier, assurance décès ... En savoir plus sur ces notions utilisées par la banque.

banque credit immobilier

Epargne

Livret A, plan épargne retraite, assurance vie, placements boursiers,ompte épargne logement ... découvrez nos fiches sur les solutions d'épargne proposées par les banques.

banque epargne

La banque

Nous vous proposons de nombreuses fiches afin de mieux comprendre la banque, son monde, son vocabulaire, ses notions et services ... de manière à mieux vous y retrouver devant votre banquier.

Labanque
Suivre la vie du site     Suivez nous sur Twitter    Facebook   


Partenaires :
Contact - Qui sommes nous ?
Annuaire
Dossiers
Actualité banque finance
Lexique vocabulaire bancaire
Convertisseur de devises
Calcul de prêt