Vendredi 19 septembre 2025, l’agence de notation Fitch a relevé la note souveraine de l’Italie de BBB à BBB+, assortie d’une perspective stable. Ce changement reflète une confiance accrue dans la trajectoire budgétaire du pays, renforcée par un contexte politique plus prévisible et des efforts visibles de réduction des déficits. Pour l’Italie, c’est une première depuis 2021, un signe que les marchés évaluent maintenant ses engagements avec un degré de sérieux renouvelé.
Les moteurs de la réévaluation
- Déficit public sous contrôle. En 2024, le déficit italien s’est élevé à 3,4 % du PIB, un chiffre en dessous de l’objectif fixé de 3,8 %. Fitch note également que le gouvernement vise un déficit encore plus bas pour 2025, potentiellement en dessous de la limite de 3 % définie par les règles de l’UE.
- Assainissement budgétaire à long terme. Établissement d’un cadre de planification pluriannuelle, discipline fiscale renforcée, et rentrée de recettes fiscales meilleures que prévu grâce à une base d’imposition élargie et à une meilleure collecte.
- Stabilité politique accrue. Sous le gouvernement de Giorgia Meloni, l’Italie présente désormais un environnement politique plus stable comparé à ses récents mouvements, réduisant les risques perçus par les investisseurs.
Des progrès structuraux, mais des défis persistants
Cependant, tous les voyants ne sont pas au vert. L’Italie reste l’un des pays les plus endettés de la zone euro, avec un ratio dette/PIB d’environ 135‑137 %. Le contexte démographique (population vieillissante) et la faible productivité restent des handicap majeurs pour la soutenabilité dans le temps.
Le gouvernement doit aussi faire face à la forte charge des intérêts sur la dette, tandis que la croissance économique reste modeste, autour de 0,6–1 % selon certaines prévisions pour 2025‑2026.
Quelle portée internationale pour la zone euro ?
L’Italie rejoint ainsi des pays comme le Portugal et l’Espagne, dont les notations se sont elles aussi améliorées récemment. Par contraste, la France a vu sa note abaissée par Fitch (de AA‑ à A+) en raison de son instabilité politique et des doutes persistants sur sa trajectoire budgétaire.
Cette évolution témoigne d’un changement d’appréciation des marchés : les investisseurs semblent désormais valoriser davantage la crédibilité des plans de redressement que la seule performance économique passée.
Risques à surveiller
- L’augmentation possible des taux d’intérêt, qui pourrait alourdir le service de la dette.
- Le respect des objectifs de déficit, surtout si des chocs externes (prix de l’énergie, ralentissement mondial) venaient à peser.
- La capacité à stimuler la croissance, notamment via des réformes structurelles, pour améliorer la productivité nationale.
Pour finir
Le relèvement de la note de l’Italie par Fitch à BBB+ marque une étape importante dans sa tentative de retrouver la confiance des marchés. Si ce mouvement couronne des efforts visibles de discipline budgétaire et de stabilité politique, il ne gomme pas pour autant les défis structurels, dette élevée, faible croissance, population vieillissante, auxquels Rome devra faire face sur le long terme.
Cette décision pourrait aussi servir de catalyseur : pour l’Italie d’abord, qui doit maintenant confirmer ses promesses ; pour la zone euro ensuite, qui voit se redessiner le profil de ses économies périphériques au prisme de la rigueur et de la crédibilité.
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