La promesse initiale des néobanques reposait sur la gratuité et la simplicité. Dix ans après leur essor, le modèle économique évolue. À partir du 12 mars 2026, des frais d’inactivité de 3 euros par mois seront appliqués à certains comptes Lydia et Sumeria. Une mesure ciblée, mais susceptible de concerner des milliers d’utilisateurs peu attentifs à l’évolution des conditions tarifaires.
L’annonce marque un tournant discret mais stratégique pour l’écosystème fintech français. Derrière ce prélèvement modeste en apparence se joue une rationalisation des comptes dits « dormants », coûteux pour les établissements numériques. Pour les clients concernés, l’addition peut atteindre 36 euros par an.
Un mécanisme calqué sur la logique des comptes inactifs

La société à l’origine de Lydia et de la banque en ligne Sumeria, lancée en 2024, introduit des frais d’inactivité applicables aux comptes sans mouvement pendant deux mois calendaires consécutifs. Le principe est simple : en l’absence d’« opération éligible », le compteur d’inactivité s’enclenche automatiquement.
Ces frais concernent principalement l’offre gratuite « Sumeria Basique », qui inclut un IBAN et permet de conserver un solde positif. Les montants prélevés ne se cumulent pas avec ceux prévus par la loi Eckert de 2014 sur les comptes bancaires inactifs, mais s’inscrivent dans une logique comparable : inciter les clients à utiliser ou à clôturer les comptes laissés sans activité.
Pour la fintech, l’enjeu est économique. Chaque compte ouvert génère des coûts réglementaires, informatiques et de conformité, même lorsqu’il n’est pas utilisé. Facturer l’inactivité constitue une manière d’assainir la base clients sans procéder à des fermetures unilatérales.
Quels utilisateurs sont réellement concernés ?
Tous les clients Lydia ne sont pas visés. Les frais s’appliquent aux titulaires d’un compte « Sumeria Basique » disposant d’un IBAN et d’un solde créditeur, resté sans activité pendant deux mois consécutifs. En revanche, les utilisateurs qui se servent uniquement de Lydia pour des remboursements entre particuliers, sans ouverture de compte Sumeria, ne sont pas concernés.
Les clients Lydia historiques qui n’ont pas migré vers la banque en ligne sont également exclus du dispositif. De même, certains comptes issus d’une migration récente et restés inactifs depuis mars 2025 bénéficieraient d’une exemption spécifique.
La notion d’« opération éligible » est centrale. Un simple paiement, un virement ou une transaction suffit à réinitialiser le délai d’inactivité. À défaut, le prélèvement mensuel s’appliquera automatiquement.
Comment éviter les 3 euros mensuels
Plusieurs solutions existent pour échapper à ces frais. La plus simple consiste à effectuer au moins une opération tous les deux mois. Une transaction minimale suffit à maintenir le compte actif.
Autre option : souscrire à l’offre payante « Sumeria+ », qui exempte des frais d’inactivité. Cette formule, plus complète, intègre des services additionnels justifiant un abonnement mensuel. Le calcul coût-avantage dépendra du profil d’usage de chaque client.
Enfin, les titulaires qui n’utilisent plus leur compte peuvent choisir de le clôturer, tout en conservant l’application Lydia pour les paiements entre amis. Le service client indique accompagner les utilisateurs souhaitant refuser les nouvelles conditions tarifaires ou résilier leur compte.
Un signal pour l’économie des néobanques
Au-delà du cas Lydia-Sumeria, cette décision illustre la maturation du secteur des fintech. Le modèle de gratuité totale montre ses limites dans un contexte de régulation accrue et de hausse des coûts de conformité.
Les établissements numériques cherchent désormais à optimiser leur rentabilité en réduisant les comptes inactifs, peu générateurs de revenus mais coûteux à maintenir. Les frais d’inactivité constituent un levier parmi d’autres, aux côtés des abonnements premium et des services additionnels.
Pour les utilisateurs, l’enjeu est surtout informationnel. Les titulaires de comptes devraient recevoir une notification préalable, mais la vigilance reste de mise. Un détail administratif peut se transformer en prélèvement régulier, discret mais durable.
À 3 euros par mois, la somme paraît modeste. Sur un an, elle devient significative pour un service non utilisé. Dans un univers bancaire de plus en plus numérisé, l’inaction a désormais un prix.
Journaliste financier | Analyste des marchés | Pédagogue économique Bonjour, je m’appelle Alex, j’ai 39 ans et j’exerce depuis plus de deux décennies dans le journalisme économique et financier. Mon objectif : rendre compréhensibles les rouages complexes des marchés financiers et des grands équilibres économiques pour un large public. Passionné par l’analyse macroéconomique, les dynamiques boursières et les tendances d’investissement, j’apporte chaque jour un regard rigoureux, indépendant et accessible sur l’actualité économique. Mon travail consiste…







