Depuis le 27 août, les nouveaux clients de BoursoBank doivent patienter 6 mois avant de pouvoir commander un chéquier ou une carte à débit différé. La filiale en ligne du groupe Société Générale impose également une nouvelle limite : pas plus de 2 chéquiers par an et par client. Une évolution qui traduit la volonté de la banque d’encadrer des moyens de paiement en perte de vitesse, tout en rationalisant ses coûts d’acquisition.
Un outil en déclin mais encore sensible
Le chèque n’est plus un acteur central dans le paysage des paiements. Selon la Banque de France, il ne représentait plus que 2,4 % des transactions hors espèces début 2024, un volume en recul de 12 % sur un an. Mais il demeure un instrument coûteux et fragile : il concentrait encore 25 % des montants fraudés. « Chez nous, les gens l’utilisent de moins en moins. C’est vrai pour nos anciens clients, mais plus vrai encore pour les plus jeunes qui ne l’utilisent quasiment plus », souligne Xavier Prin, directeur marketing et communication de BoursoBank.
Dans ce contexte, la banque en ligne préfère limiter l’accès à cet instrument à des clients déjà installés. Le délai de six mois est présenté comme une mesure destinée à « s’assurer que le nouveau client s’engage dans une véritable relation bancaire active et récurrente ». Une façon aussi de réduire les coûts liés aux ouvertures de comptes opportunistes, qui ne s’accompagnent pas forcément d’une activité pérenne.
Encadrer la distribution de chèques
Au-delà de ce délai, BoursoBank instaure une nouvelle règle : 2 chéquiers maximum par an, soit environ 60 chèques. Une contrainte qui devrait suffire à couvrir les besoins de la majorité de sa clientèle. « Les cas d’usage du chèque disparaissent progressivement », constate Xavier Prin. Même certaines professions traditionnellement attachées à cet instrument, comme les professions libérales, s’équipent désormais de terminaux de paiement.
Juridiquement, la délivrance de chéquiers n’est pas obligatoire : la banque peut refuser, même si le client n’est pas interdit bancaire, à condition de motiver sa décision. Une précision rappelée par la Banque de France. De plus, les banques en ligne sont de plus en plus nombreuses à tourner le dos à cet instrument : Revolut, N26, bunq, BforBank, Nickel ou Sumeria n’en délivrent pas. Celles qui le proposent encore, comme BoursoBank, ne le font que sur demande.
Un repositionnement stratégique
Au-delà du simple encadrement, cette évolution illustre une tendance plus large dans la banque en ligne : concentrer les moyens sur les usages dominants (paiement par carte immédiate, virement instantané, solutions mobiles) et rationaliser les services marginaux. La carte à débit différé, également concernée par le délai de six mois, représente d’ailleurs « seulement quelques pourcents des cartes émises », précise BoursoBank.
Avec ces nouvelles règles, la filiale de Société Générale assume un repositionnement : fidéliser des clients réellement actifs, tout en s’alignant sur les usages numériques dominants. Dans un secteur où la rentabilité des banques en ligne reste fragile, chaque décision visant à contenir les coûts prend une dimension stratégique.
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